De plus en plus de maisons landaises sont équipées d’un récupérateur d’eau de pluie, de la simple cuve de jardin à la citerne enterrée raccordée aux toilettes. Cette installation change la façon dont un chantier de toiture doit être préparé, et c’est un point que les propriétaires oublient souvent de signaler.

Pourquoi cela compte

Un traitement fongicide et algicide est conçu pour rester sur la couverture et s’y dégrader lentement. C’est cette rémanence qui empêche la recolonisation pendant trois à cinq ans. Or, les premières pluies qui suivent l’application entraînent une fraction du produit vers les chenaux, puis vers la cuve.

La quantité concernée est faible, mais elle suffit à rendre l’eau impropre à l’arrosage d’un potager pendant quelques semaines, et surtout à perturber une cuve équipée d’une filtration.

La bonne pratique

Elle tient en trois gestes simples, à organiser avant le chantier.

Détourner ou by-passer la cuve pendant les deux à trois premières pluies suivant le traitement. La plupart des installations disposent d’une vanne ou d’un collecteur filtrant qu’il suffit de basculer. Sur une simple cuve de jardin, il suffit de déboiter la descente.

Signaler le récupérateur dès la visite de devis. Nous adaptons alors le protocole, le choix du produit et parfois l’ordre des opérations. Certains fongicides sont nettement moins problématiques que d’autres pour cet usage.

Vidanger le premier volume collecté après remise en service, surtout si l’eau sert à l’arrosage de plantes comestibles.

Et pendant le chantier lui-même ?

Le démoussage produit une grande quantité de débris végétaux qui descendent avec l’eau de rinçage. C’est la raison pour laquelle nous obturons systématiquement les naissances de gouttières avant de commencer : sans cela, le réseau, les filtres et la cuve se colmatent.

Un chantier bien mené se termine d’ailleurs par le curage complet des chenaux et un test d’écoulement à l’eau claire, ce qui remet le réseau dans un état au moins égal à celui d’avant.

L’hydrofuge pose-t-il problème ?

Beaucoup moins. Un hydrofuge à base de siloxanes polymérise dans la porosité du matériau en quelques dizaines d’heures et n’est ensuite plus lessivable. Passer la période de séchage cuve détournée suffit largement.

Que dit la réglementation ?

L’eau de pluie récupérée ne peut de toute façon pas être utilisée pour la consommation humaine, ni pour l’hygiène corporelle, ni pour la vaisselle. Ses usages autorisés à l’intérieur du logement se limitent essentiellement aux toilettes et au lavage des sols, avec une signalisation obligatoire du réseau. À l’extérieur, l’arrosage et le lavage restent libres.

Ces règles existaient avant votre chantier de toiture, mais elles rappellent utilement que l’eau collectée depuis une couverture n’est jamais une eau neutre : elle transporte déjà des poussières, des déjections d’oiseaux et des résidus végétaux.

Vous récupérez l’eau de pluie ?

Nous adaptons le protocole et le choix des produits en conséquence.